07/02/10

Deux textes

ces deux textes m'ont été envoyés par mail, et ont été écrits par Tos :


ÇA COMMENCE PAR UN V

"No, esperate, vas demasiado rapido"

Non, attends, tu vas trop vite

J'ai dit

Non

J'ai dit

Attends

J'ai dit

Tu vas trop vite

...

Une minute avant

On s'allonge, nus sous les couvertures,

bisoux, caresses, déjà trop brefs,

il est sur moi, déjà, ... déjà ?

sa main ouvre mes cuisses

Je dis ...

Une semaine avant

Je pleure, il me quitte, j'ai le coeur brisé,

sûre de ne plus jamais aimer personne après lui

sûre aussi qu'il ne peut que se tromper

et c'est moi qui lui proposer cette dernière nuit

celle ou je dis

...

Un mois avant,

C'est lui, c'est forcément lui

puisqu'il ne peut y'en avoir qu'un

au premier regard j'en suis folle

prête à tout pour être dans ses bras

même quand pendant un mois il n'y arrive pas

patiente, compréhensive, rassurante, encourageante

...

1 seconde avant,

Je dis, Non, attends, tu vas trop vite

Il rit : "c'est pas ça que tu voulais ?"

Entrée, sortie ...

1 seconde

Sa jouissance, ma douleur

Je dis ... plus rien.

C'est pas ça que je voulais.

Je ne savais pas à l'époque

et j'ai encore du mal à m'avouer

que quand on dit

Non

quand on dit

attends

quand on dit

tu vas trop vite

ce n'est pas faire l'amour

ce n'est même pas baiser ...

ça commence par un v.


* * * * *

METTRE DES MOTS

Mettre des mots, ce n'est pas facile

et une fois que c'est fait

on ne sait plus

Si c'était mieux avant

quand on était pas sure

quand on ne savait pas

pourtant la colère était bien la déjà

sa photo, son prénom suffisaient à créer le malaise

je ne repensais pas à cette nuit la

pourtant quelque chose en moi

n'acceptait pas qu'il s'en sorte aussi facilement

cette réputation de briseur de cœur

moi en énième victime du don juan

ma rage , ma colère, ma rancœur

mise par tous sur le compte de l'hystérie de la femme quittée, trompée

moi même incapable d'expliquer

cette haine qui montait en moi

croyant y exprimer une blessure d'amour propre

de l'orgueil mal placé

d'avoir voulu me croire différentes des autres

au dessus du lot, puisque choisie

et puis rabaissé , remise dans le rang

dans le paquet des nanas faciles à baratiner

mais cette émotion qui montait en moi à chaque fois,

ça ne pouvait pas être aussi simple que ça

ma mâchoire qui se resserrait

mes poings serrés

l'envie de frapper

de lui faire mal

de l'étriper

de l'éclater

le massacrer

le piétiner

mais surtout

le dénoncer

de dire aux autres , je ne savais pas quoi encore, mais de le gueuler très fort

que tout le monde sache

mais sache quoi ?

qu'il ne puisse plus le faire à personne

mais faire quoi ?

J'ai mis 4 ans à réaliser

d'où cela venait

Un jour, presque par hasard, en lisant un texte de ce genre, écrit par une autre...

L'image de cette nuit la m'est revenu

et m'a poursuivie

J'ai cru d'abord que je réinventais l'histoire

mais non ! j'y étais, et c'est resté gravé !

J'ai voulu me le nier

J'ai voulu m'en sentir responsable, coupable,

après tout, je l'avais provoqué, puisque je l'avais aimé, désiré, attiré, déshabillé ...

Mais les mots de l'autre femme, les mots de pleins d'autres femmes me l'ont dit, me l'ont appris, me l'ont transmis ...

Il m'a violé.

Aujourd'hui j'ai besoin de le partager, pour les autres peut être, mais surtout pour moi, encore hésitante à m'avouer que c'est à moi que c'est arrivé ...

Il m'a violé.

18/01/10

C'est dans les vieilles marmites...

... que les sorcières font les meilleures potions

d'où l'exhumation de ce tract datant de 1980, traduit de l'anglais, réédité dans les années 90, et que j'ai eu l'occasion de découvrir il y a maintenant quelques années (débuts des années 2000?)...

"Conseils à une hétérosexuelle la première fois qu'elle voit une lesbienne"

1- Ne vous précipitez pas hors de la pièce en hurlant.
2- Si vous devez absolument battre en retraite, faites le doucement et avec discétion.
3- Ne présupposez pas qu'elle vous désire.
4- Ne présupposez pas qu'elle ne vous désire pas.
5- Ne présupposez pas que vous ne la désirez pas.
6- Ne vous attendez pas à ce qu'elle soit aussi excitée de rencontrer une hétéro que vous pourriez l'être de rencontrer une lesbienne. Elle a probablement été élevée avec des hétéros.
7- Ne vous mettez pas tout de suite à parler de votre copain ou mari pour qu'il soit clair que vous êtes hétéro : elle le sait probablement déjà.
8- Ne lui dites pas qu'il est sexiste de préférer les femmes, que les gens sont des gens et qu'elle devrait pouvoir aimer tout le monde. Ce sont de faux raisonnements qui devraient être compris comme tels.
9- Ne l'invitez pas quelque part où il y aura des hommes sans la prévenir à l'avance. Il se peut qu'elle ne veuille pas être en leur compagnie.
10- Ne lui demandez pas comment elle est devenue comme ça. Posez vous plutôt la question de comment vous êtes devenue "comme ça".
11- Ne présupposez pas qu'elle meure d'envie de parler de son lesbianisme.
12- Ne vous attendez pas à ce qu'elle se retienne de parler de son lesbianisme.
13- Ne trivialisez pas son vécu en présupposant qu'il s'agit uniquement d'une histoire de baise. Elle est lesbienne 24h sur 24.
14- Ne présupposez pas que, du fait d'être lesbienne, elle veuille être traitée comme un homme.
15- Ne présupposez pas que son cœur bondira de joie si vous lui touchez le bras (de façon condescendante? pour flirte? pour tester votre pouvoir?...) : cela la met en colère.
16- Si vous êtes tentée de dire qu'elle a choisi la voie la plus facile, réfléchissez-y.

PS : Ajoutez ou barrez des conseils si vous le souhaitez, et donnez-les aux femmes hétéros de votre connaissance. Si vous êtes hétéro vous même, affichez l'original chez vous dans un endroit très visible.

[to be continued...]

15/01/10

Brochure "soutenir un-e survivant-e d'agression sexuelle"

le pdf était fini, et a de nouveau subi des modifications, il sera bientôt téléchargeable en ligne.


Soutenir un-e survivant-e[1 et 2] d’agression sexuelle

Cette brochure a été faite grâce au travail accompli en collaboration
par UBUNTU et Men Against Rape Culture.

À propos de MARC :

Men Against Rape Culture (hommes contre la culture du viol), est une organisation multi-raciale et antiraciste basée à Durham (Caroline du Nord, USA) qui se consacre à mettre fin à l'épidémie de la violence masculine en l'attaquant à la racine. Nous éduquons, organisons, créons et vivons d'une façon qui cherche à proposer des alternatives à une culture qui privilégie certain-e-s, qui en opprime beaucoup, et qui limite nos choix à tou-te-s.

MARC peut être contacté à : marc_nc@riseup.net
ou en ligne sur : www.MenAgainstRapeCulture.org

À propos de UBUNTU :

UBUNTU est un mouvement basé à Durham, mené par des femmes de couleur et survivantes d'agressions sexuelles, qui se consacre à la création d'un monde sans violence sexuelle. Nous transformons la douleur et la rage engendrées par la persécution vécue et revécue dans notre communauté en "aller mieux"[3], en création de réseaux, en incarnant et exigeant la responsabilité d'une communauté démocratique et un changement social créatif. Notre travail, ainsi que le modèle de notre mouvement est centré sur un amour transformatif et solidaire.

pour contacter UBUNTU, veuillez écrire à : ubuntuNC@gmail.com


Une Litanie pour la survie

Pour celles d'entre nous qui vivent sur le rivage
debout sur le rebord constant de la décision
cruciale et seule
pour celles d'entre nous qui ne peuvent pas se laisser aller
aux rêves fugaces du choix
qui aiment dans l'embrasure des portes allant et venant
aux heures entre les aubes
regardant à l'intérieur et à l'extérieur
à la fois avant et près
cherchant un maintenant qui peut engendrer des futurs
comme le pain dans la bouche de nos enfants
pour que leurs rêves ne reflètent pas la mort des nôtres.

Pour celles d'entre nous
sur qui on a imprimé la peur
comme une ligne fine au centre de notre front
apprenant à craindre le lait de notre mère
car par cette arme
cette illusion d'une certaine sécurité à trouver
ceux aux pieds lourds espéraient nous réduire au silence
Pour nous toutes
ce moment et ce triomphe
Nous n'étions jamais censées survivre

Et quand le soleil se couche nous avons peur
il pourrait ne pas se lever le matin
quand notre ventre est plein nous avons peur
de l'indigestion
quand notre ventre est vide nous avons peur
de ne plus jamais manger
quand nous sommes aimées nous avons peur
que l'amour disparaisse
quand nous sommes seules nous avons peur
que l'amour ne revienne jamais
et quand nous parlons nous avons peur
que nos mots ne soient pas entendus
ni bienvenus
mais quand nous sommes silencieuses
nous avons toujours peur

Il est donc meilleur de parler
en se rappelant
nous n'étions jamais censées survivre

Audre Lorde


Vous connaissez des survivant-e-s


Si vous êtes une personne qui vie et évolue sur cette planète, vous connaissez quelqu'1 qui a survécu à une agression sexuelle.
Le nombre de femmes, hommes et personnes trans (c'est à dire des personnes qui ne rentre pas dans un système de genre binaire mâle/femelle) qui subissent des agressions sexuelles est inconnu, ceci à cause des phénomènes de silence culturel, mise en doute de la parole de la personne, et de la peur d'encore plus de violence autour du viol.
Cependant, beaucoup estiment qu'au moins une femme sur quatre sera violée au cours de sa vie aux USA[4]. En ce qui concerne les femmes, le viol est une épidémie qui sévit dans le monde entier.
Les estimations en ce qui concerne les hommes sont plus basses mais tout aussi peu fiables.
Pour des raisons sur lesquelles nous reviendrons plus tard, il est quasi impossible de faire des estimations quant aux violences sexuelles subies par les personnes trans; on sait néanmoins qu'elles sont fréquentes.

Tout ça pour dire: vous connaissez des survivant-e-s. Ce ne sont pas des statistiques, ce sont des gen-te-s qui comptent pour vous et que vous aimez.

Puisque vous prenez du temps pour comprendre l'importance des agressions et l'impact émotionnel, psychologique, spirituel et physique qu'elles ont sur les gen-te-s leur vie durant, des personnes qui ont survécu à une agression se tourneront vers vous pour être comprises.
Et c'est logique : dans notre culture remplie de silence, n'importe qu'elle personne qui prend position ouvertement est identifiée comme quelqu'1 à qui on peut confier des informations personnelles dont peu d'autres auront jamais connaissance.

La liste de principes qui va suivre a été faite dans le but de vous aider à soutenir quelqu'1 dans son processus « d'aller mieux », au cas où vous vous trouveriez dans une situation où vous pourriez le faire.

Sachez que ceci n'est qu'une liste d'idées, de suggestions. Chaque individu-e réagit à une agression sexuelle de façon différente, et nos relations varient de personne à personne.
Généralement, beaucoup de ces conseils seront utiles, mais si vous trouvez qu'ils ne marchent pas bien, parlez à quelqu'1 qui pourrait vous soutenir et voir comment continuer à soutenir le/la survivant-e de la façon dont ille a besoin.
Bien sur la communication avec la personne survivante elle-même est la clé; demandez-lui ce qu'elle veut ou ce dont elle a besoin.

Si vous prenez la parole pour condamner les agressions sexuelles, des survivant-e-s viendront chercher un soutien auprès de vous.


Principe n°1: La santé et la sécurité d'abord

Assurez-vous que la personne que vous soutenez ne soit pas en danger. Si elle l'est, essayez de trouver comment vous pouvez l’aider à en sortir. Protéger sa vie est votre priorité.

Une fois que sa sécurité est assurée (au moins à ce moment-là), essayez de voir si elle a des besoins physiques dont on doit s'occuper. Le viol est un acte de violence traumatisant physiquement. Ce n'est pas du sexe et le corps n'y répond pas toujours comment il répondrait à un acte sexuel. Assurez-vous qu'il n'y ait pas de complications physiques imminentes.

A cause d'un principe que nous discuterons plus tard, il se peut qu'il n'y ait rien que vous puissiez faire pour assurer la sécurité ou le bien-être physique de la personne. Dans ce cas, continuez d'essayer de voir comment vous pouvez soutenir la personne et l'encourager à trouver un endroit sur.


Principe n°2: Restituer le choix

Le viol est une prise de pouvoir et un vol du choix. Une personne qui commet un viol, vole ce qui est peut-être le droit le plus fondamental que chacun-e possède, droit que l'on vole régulièrement aux femmes, aux personnes racisées[5], aux personnes trans et aux enfants : le droit de disposer de son corps. Ce vol du choix a des impacts qui peuvent durer toute une vie.

Afin d'aider une personne à aller mieux, vous devez immédiatement lui permettre de faire des choix pour elle-même. Est-ce qu'elle veut s'asseoir? Être debout? Soda? Jus d'orange? Eau? Même les choix les plus anodins doivent immédiatement lui appartenir. Ceci participe à rendre un peu du pouvoir qui a été volé par le/la violeur-euse .

Même les choix les plus anodins doivent immédiatement appartenir au/à la survivant-e.

Le même principe est vrai pour des choix plus large. Veux-tu aller te faire ausculter à l'hôpital? Veux-tu appeler la police? Ces décisions peuvent être particulièrement difficiles à prendre, alors soyez patient-e et aidez la personne que vous soutenez à voir ce qu'implique exactement ces choix. Les visites à l'hôpital et les déclarations à la police peuvent souvent faire autant violence que l'agression elle-même et peuvent ne pas du tout constituerune option safe[6] pour des personnes de couleur et /ou trans. Beaucoup des organismes censés venir en aide aux survivnat-e-s de viol (comme la police, les hôpitaux et les centres d'aide au personnes qui ont subi/subissent des violences conjugales/agressions sexuelles) sont, au mieux, très mal préparés à s'occuper de personnes racisées, LGBQ[7] ou trans. Dans le pire des cas, ils empirent la situation par encore plus de violence et d'humiliation. Votre travail en tant qu'allié-e est de les aider à voir quelles sont les implications des choix qui peuvent être faits. Cependant, la personne doit avoir le pouvoir de prendre les décisions qu'elle veut, même si ce ne sont pas celles que vous auriez prises.

Faîtes attention aux questions très larges, aux questions ouvertes (comme « Qu'est-ce que tu veux faire? »). Il se peut que vous ayez à proposer ou suggérer des choix qui aide la personne à récupérer de son propre pouvoir. Même le fait de faire des choix simples peut-être difficile. Vous devez comprendre cela. Parfois ces choix peuvent donner un grand sentiment de pouvoir, parfois c'est tout le contraire.

Ces choix inclus bien sûr les marques d'affection ou de réconfort physiques. Ne présupposez-pas que prendre la personne dans les bras est approprié. Ne présupposez pas qu'être proche physiquement va aider. Demandez et laissez vous guidez.


Principe n°3: Croire!

Être cru-e est visiblement le facteur principal d'un processus « d'aller mieux » sain pour une survivant-e. Dans une grande majorité des cas, le/la violeur-euse ne croira pas le/la survivant-e, l'hôpital ne le/la croira pas, la police ne le/la croira pas et ses ami-e-s et sa famille ne le/la croira pas. Vous devez le faire.

Même avec un-e allié-e qui le/la croit, beaucoup de survivant-e-s passent leur vie à se débattre autour de ce qu'ille aurait pu faire pour empêcher ce que quelqu'1 d'autre leur a fait. C'est votre travail de lui assurer qu'elle a fait ce qu'elle avait à faire pour survivre. Notre culture n'affirmera pas cela, et ainsi faisant, ne la croira pas.

Une femme qui est agressée est sujette aux notions sexistes portées par notre société sur les femmes et la sexualité. Si une femme est active sexuellement, alors c'est une « trainée ». Si les gen-te-s continuent à voir le viol comme un acte sexuel; les survivantes seront alors par conséquent taxées de « trainées ». On l'a tou-te-s entendu. « Elle a eu ce qu'elle méritait . »; « Qu'est-ce qu'elle faisait dans sa chambre de toute façon? Elle devait bien le vouloir. »; « A quoi elle s'attendait en sortant habillée comme ça? ». Il n'y a rien qu'une femme ait pu faire qui puisse justifier qu'un homme la viole. Ceci mérite d'être répété : il n'y a rien qu'une femme, un homme, un-e trans, ou un-e enfant n'aie pu faire qui puisse justifier qu'un homme l'a violé.

A cause des stéréotypes racistes, les femmes racisées sont sujettes à cette dynamique d'une façon particulièrement violente. Les corps des femmes racisées sont vus comme exotiques, sexuels par nature et même comme des territoires dangereux qui doivent être contrôlés. Quand des hommes violent des femmes racisées, le « elle l'a bien cherché » résonne fortement, même au sein des communautés ethniques ou culturelles minorisées (en fait, la plupart des viols se déroulent au sein même des groupes raciaux, pas entre eux). Ceci doit être attaqué.

Un homme qui se fait agressé est sujet aux notions sexistes et homophobes portées par notre société sur les hommes et la sexualité. Puisqu'un homme est toujours censé être dominant, un homme qui se fait violé n'est sûrement pas un « vrai » homme. Sa douleur est quelque chose dont il doit avoir honte car sinon il sera taxé d' « homo » ou de « féminin » et notre culture nous dit que ces deux identités sont inacceptables pour des hommes. Les hommes qui survivent à des viols en prison doivent faire face à cela en plus de la vision de la société qu'il a eu « ce qu'il méritait ». Tout cela contribuera à son silence.

Notre culture homophobe enseigne aux hommes hétéros à détester être confrontés à la sexualité d'hommes gay, bi ou queer, car elle déclenche leur propre peur d'être eux-mêmes gay, ou pas des « vrais » hommes. Ces peurs conduisent au viol homophobe d'hommes et femmes homo/bi/queer et au viol transphobe de personnes que l'on découvre être trans ou présume être homo/bi/queer car illes ne peuvent pas être facilement catégorisé-e-s comme "homme" ou "femme". Un viol est un viol, et ses survivant-e-s doivent être cru-e-s et soutenu-e-s. Les survivant-e-s trans doivent souvent faire face à la double difficulté d'avoir à prouver non seulement ce qui s'est passé mais également qui illes sont. Leurs papiers d'identité ne reflètent souvent pas le nom ou le genre choisis par des personnes trans. Ceci crée encore plus de silence et de vulnérabilité face à la police, aux hôpitaux et aux différents organismes. Ne remettez jamais en question l'identité de genre d'une personne trans.

A cause de l'homophobie mentionnée plus haut, il y a beaucoup de silence autour des agressions sexuelles qui se produisent au sein des communautés LGBTQ. Tout comme les communautés ethniques minorisées, elles subissent des attaques de l'extérieur en permanence. Les personnes LGBTQ, les personnes racisées et d'autant plus les personnes LGBTQ racisées peuvent être encore plus poussées au silence par la pression au sein même de leurs communautés, pour éviter d'exposer son linge sale publiquement ou pour se protéger des menaces extérieures. Les pressions venant de l'intérieur comme de l'extérieur qui créent ce silence et font que les gen-te-s ne sont pas cru-e-s doivent être combattues.

Il y a un mythe culturel énorme autour des fausses accusations d'agression sexuelle et de viol. Historiquement, et encore aujourd'hui, les fausses accusations étaient/sont utilisées comme tactique raciste pour justifier le lynchage d'hommes racisés (en particulier d'hommes noirs) aux Etats-Unis. Il est nécessaire d'étudier, de comprendre et de prendre ce phénomène au sérieux. Selon la plupart des organismes légaux, le pourcentage de fausses accusations de viol aujourd'hui est égal, voire inférieur, au pourcentage de fausses accusations pour tous les autres crimes. Ce mythe est une tactique pour réduire les femmes au silence (en particulier les femmes racisées), les hommes gay/bi/queer, les personnes trans et tou-te-s les autres survivant-e-s.

Le fait que vous croyiez un-e survivant-e est essentiel.

il n'y a rien qu'un-e survivant-e a pu faire qui légitime en quoi que ce soit la violence qu'ille a subi.


Principe n°4: Se taire et se laisser guider

A moins que vous ayez vous-même subi une agression sexuelle, et même si c'est le cas, vous n'allez certainement pas comprendre la majorité de ce que la personne que vous soutenez ressent. Pour cette raison, si vous commencez à parler beaucoup lors de vos discussions, il y a de fortes chances que vous disiez des choses qui ne vont pas aider. Cela peut sembler dur, mais c'est malheureusement vrai. En gardant le silence et en laissant votre ami-e parler, vous vous empêchez d'ajouter à la conversation des éléments qui n'y ont pas leur place.

Encore plus important, en gardant le silence, vous laissez l'espace au/à la survivant-e qui lui permet de retrouver la possibilité de s'exprimer. Le viol réduit au silence, laisser l'espace au/ à la survivant-e pour qu'ille s'exprime et une façon de les soutenir qui lui redonne du pouvoir. Ille peut alors avoir le contrôle, parler et être écouté-e s'ille le désire. Le violeur n'a pas écouté. Vous le pouvez.

Culturellement, on ne donne passe assez de valeur au silence. Le silence peut aussi redonner beaucoup de pouvoir à des survivant-e-s d'agression sexuelle et à toutes les personnes qui sont confrontées à la violence dans notre culture.

Pour finir, ne jugez pas les moyens d'expression qui brise le silence. La personne peut avoir besoin d'exploser de rage, de pleurer, elle peut avoir besoin d'écrire, de nettoyer la maison de fond en comble. Elle peut avoir besoin de faire n'importe quoi d'autre que de penser ou parler de ce qu'elle a traversé. Il y a un nombre illimité de réactions possibles et elles méritent toutes d'être respectées et soutenues. A part dans les cas de menace de suicide ou d'autres comportements auto-destructeurs, toutes les émotions que les survivant-e-s expriment doivent être acceptées et soutenues.


Principe n°5 : Pas de violence supplémentaire


Ce principe est particulièrement adressé aux hommes dont un-e ami-e, membre de leur famille ou amant-e a été agressé-e par un autre homme.

Est-ce que casser la gueule au violeur va oblitérer le fait que le viol ait eu lieu? Est-ce que sa douleur fera que celle du/de la survivant-e disparaisse? Est-ce que le/la survivant-e a besoin d'essayer de calmer un autre homme violent qui pête les plombs? Probablement pas.

Puisque les hommes bio commettent une énorme majorité (certain-e-s estiment plus de 99%) des agressions sexuelles, les hommes qui soutiennent un-e survivant-e doivent être particulièrement conscients de l'impact de la violence masculine. C'est la violence masculine qui cause le viol et non qui y met fin. Vos actions doivent aller dans le sens de mettre une fin à la violence masculine.

Si les femmes, qui constituent la majorité des survivant-e-s, décident de réagir collectivement en faisant appel à la violence ou demandent le soutien d'hommes qui les soutiennent de participer à des actions violentes, c'est aux femmes et aux survivantes elles-même de décider ce qu'elles veulent. Aux hommes qui soutienne un-e survivant-e : il est absolument essentiel de mettre de côté vos désirs de gratification masculine et que vous mettiez fin au cycle de la violence masculine.

Ce viol, même si vous pensez autrement, n'a rien à voir avec vous. Il ne s'agit pas d'un autre homme qui abîme quelque chose qui vous appartient, il ne s'attaque pas à votre virilité. Ce n'est ni votre responsabilité, ni votre droit de venir faire le vigile et de prendre les choses en main. Ceci est une vision des choses très masculine, et il n'y a pas de place pour votre égo dans cette situation.


Principe n°6 : Connaître ses limites

Vous ne pouvez pas sauvez tout le monde. Un-e survivant-e peut seulement se remettre en point au niveau qui lui est possible à un moment donné. Si une personne que vous aimez a été agressée, il faut que vous réalisiez que, d'une certaine façon, vous avez été agressé-e également. Vous ne pouvez pas être tout et tout le monde tout le temps. Assurez-vous de trouver du soutien pour vous aussi. Beaucoup conseillent même d'être suivi psychologiquement ou de suivre une thérapie de groupe quand on soutien quelqu'un qui s'est fait agressé.

Encouragez (en faisant attention) la personne que vous soutenez à élargir son réseau de soutien. De nombreuses personnes trouvent beaucoup de réconfort dans des groupes de soutien composés de personnes qui vivent ou ont vécu la même chose ou dans une variété d'autres formes de soutien. Il est rare de savoir exactement comment soutenir de façon appropriée une autre personne dans ce processus qui peut durer toute une vie si on ne dispose pas d'une aide quelconque.

Vous ferez des erreurs lors de ce processus. Ne vous flageller pas, ne disparaissez pas parce que vous n'êtes pas parfait-e. Vous ne le serez pas. Agissez avec sensibilité et intégrité.

Faites attention à vous. Vous n'êtes d'aucune aide au/à la survivante si vous vous tuez à la tâche.


Principe 7 : Rester impliqué-e et rester flexible

Se remettre d'une agression sexuelle ne se fera pas en une journée. Cela signifie qu'il y aura des hauts et des bas, des bonnes périodes et de périodes difficiles. Un-e survivant-e peut passer par beaucoup de ces phases au cours d'une seule journée. Votre présence et votre stabilité tout au long de ces transitions est fondamentale.

Le processus d’ « aller mieux » de chaque personne est différent. N'abandonnez pas quelqu'1 s'il semble que les choses ne vont pas s'améliorer tout de suite. Essayer autre chose. L'impact positif que vous aurez/pouvez avoir et plus important que ce que vous pensez, alors ne vous éloignez pas et ajustez le mode de soutien que vous apportez quand il devient clair que vous en avez besoin.


Principe n°8 : Il ne s'agit pas de VOUS


Même si vous êtes vous même un-e survivant-e d'agression sexuelle, dans cette situation il ne s'agit pas de vous. Il arrive souvent que quand des gen-te-s offrent leur soutien à des proches, illes se retrouvent à essayer de régler leurs propres problèmes que ce soit avec, ou indirectement, par la personne qui a été violentée. Il peut s'agir d'abus passés que vous avez subis ou auxquels vous avez assistés, de la colère par rapport à ce qui est arrivé à quelqu'1 à qui vous tenez, de l'inquiétude quant à comment votre relation avec la personne va être affectée, d'un désir de vengeance motivé par votre égo, de n'importe quoi d'autre. En réagissant de cette façon vous n'aidez personne, vous ne faîtes que prendre de la place avec vos propres préoccupations qui devraient être centrées sur celles de la personne qui essaye de survivre à ce qu'elle a traversé.

Si, pour les raisons citées précédemment (en particulier si vous êtes vous-même un-e survivant-e), vous n'arrivez pas à mettre de côté vos propres préoccupations afin de soutenir cet-te individu-e, soyez honnête vis à vis de ça. N'essayer pas de soutenir quelqu'1 si ce n'est pas quelque chose dont vous êtes réellement capable. Continuez à vous guérir et travaillez à aider la personne que vous aimez à trouver d'autres personnes qui sont plus capables de l'aider pour l'instant.

Une façon de contrôler cela est de faire attention à ce que vous dîtes et à comment vous vous comportez. Réfléchissez à ce que vous faîtes et à pourquoi vous le faîtes avant de le faire. Réfléchissez à pourquoi vous voulez dire ce que vous voulez dire. Assurez-vous qu'il ne s'agit pas d'un besoin que vous avez, peu importe à quel point vous pensez qu'il est légitime.


Principe n°9 : Travailler pour comprendre le PROCESSUS de survie

La cause principale de PTSD[8] aux USA, entre autres maladies mentales, est l'agression sexuelle. Des mouvements, contacts physiques, lieux ou mots qui rappellent au/à la survivant-e un moment précis; des films ou chansons qui font allusions ou décrivent des agressions sexuelles, des situations inhabituelles ou qui ne sont pas sécurisantes: tous ces phénomènes peuvent littéralement faire revivre l'agression au/à la survivant-e. Faîtes attention lorsque ces situations se produisent et faîtes ce que vous pouvez pour éliminer votre participation à celles-ci quand vous êtes auprès de la personne que vous soutenez. Quand vous voyez ce comportements chez des ami-e-s que vous ne savez pas être des survivant-e-s, procédez avec prudence et comprenez que c'est ce qui peut être en train de se passer.

Si vous êtes le/la partenaire sexuelle d'un-e survivant-e, que vous ayez été leur partenaire avant, pendant ou après le moment de l'agression, faites particulièrement attention lors de vos rapports sexuels. Parfois, la personne ne voudra pas avoir de rapports physiques qu'ils soient sexuels ou même juste affectueux. D'autres fois, l'activité sexuelle lui permettra de retrouver beaucoup de pouvoir. Soyez patient-e et permettez-lui de fixer le rythme et le type d'activités dans lesquelles vous vous engagez. Soyez conscient-e-s que des actions en apparence anodines peuvent faire vriller le/la survivant-e.

Lisez des livres sur les agressions sexuelles et la psychologie du processus de survie. Comprenez les implications à long terme et travaillez à aider la personne que vous aimez à guérir.


Précisions

Rien de tout ça ne constitue une recette magique. Croyez en vous; croyez en votre ami-e. Prenez conscience que le viol est lié aux problème du pouvoir, de l'oppression et du contrôle et que le soutien doit donc se faire en donnant, aimant et partageant. Ce ne sera pas facile, mais avec le temps, vous et votre ami-e grandiront et apprendront plus que vous ne pouvez l'imaginer. Considérez ce document comme une aide qui peut vous guider au cours de ce processus, mais sachez que vous puissiez avoir à constituer votre propre liste de choses à faire.



notes :

[1]Le terme « survivant-e » est la traduction de « survivor », le mot n’est pas encore très employé en français pour faire référence à des personnes ayant subi des agressions, mais il l’est largement aux USA notamment. Ndt
[2]J'ai choisi de faire porter le genre masculin et féminin à tous les termes (là où en anglais on peut choisir des termes neutres). Il semble néanmois pertinant de rappeler que 96% des personnes qui violent sont des hommes et que 91% des personnes qui subissent des viols sont des femmes...
[3]J'ai choisi ce terme pour traduire « healing », littéralement « guérison » qui en français a une dénotation beaucoup plus physique, alors qu'en anglais ce mot décrit aussi une guérison mentale ou psychologique, le verbe, « to heal », donne l'idée de « se remetrre de »... ndt
[4]En france, les statistiques donnent le chiffre d'une femme sur cinq... ndt
[5]le terme en anglais est « people of color »
[6]C'est à dire qui garantit la sécurité des personnes à tous niveaux ndt
[7]Lesbienne Gay Bi Queer ndt
[8]Post-Traumatic Stress Disorder, en français : le syndrome de stress post-traumatique ndt



traduction : Soaz – mise en page : Sapitoverde

contact : combiendefois4ans (at) gmail (point) com
ou enrageuses (at) pimienta (point) org

Vidéos sur la violence conjugale chez les lesbiennes







trouvées sur le site du Centre de Solidarité Lesbienne (Montréal)

02/01/10

les rapports de classe dans les milieu militants (squat et autres)

ce questionnaire a été diffusé il y a quelques années (2005?) en version papier. N'ayant pas demandé l'avis aux auteures pour le diffuser, j'ai retiré leur nom en fin de questionnaire.

QUESTIONNAIRE SUR LES RAPPORTS DE CLASSE,
ou comment il y a encore des marxistes parmi nous...

Dans nos milieux militants, nous discourons sur moultes oppressions, mais il y a souvent des silences gênés sur les questions de classe, comme si partager la même cuisine ou les expulsions nous rendait égaux-gales. Il est vrai que la situation n'est plus la même qu'il y a 100 ans, il n'y plus deux classes (bourgeois/ouvriers), n'empêche que nous n'avons pas le même « background » et les même avantages. Non, les classes n'ont pas été abolies, elles ont juste été démultipliées. Nous nous sommes déjà senties oppressées sur ces questions, nous avons eu envie à plusieurs reprises d'écrire des jolis textes, mais nous n'y sommes jamais arrivées. Du coup, pour nous faire ce questionnaire nous permet d'exprimer des malaises. On n'attend pas à ce que les gens se justifient, il est possible de ne pas répondre à des questions, nous ne voulons pas faire de statistiques (sauf une: ٱ tes parents sont-ils profs?), mais pousser à la réflexion et à la remise en question. Nous n'avons pas de projets précis sur l'utilisation de questionnaire, cependant nous ne voulons pas à priori faire de brochures, ni clamer à la terre entiére que les squatteureuses sont des bourgeoisES. Par contre, il pourrait par exemple servir de support pour des futures discussions intersquats. Si certaines questions t'agressent, penses aux humiliations subies quotidiennement (ou celles que tu peux génerer) par les gens qui n'ont pas tes priviléges (on a touTEs des priviléges, par ex des papiers).

1-Quels sont tes revenus? -actuels -anciens/quels types de travail as-tu fait?

2-Quelle est la profession de tes parents? Dans quelle classe social les siturais-tu? -haute bourgeoisie -bourgeoisie -middle classe aisée-cultivée -middle classe prol -prolétariat/sous-prolétariat -autres

3-Existe-t'il une grande différence de classe entre tes grand-parents et tes parents?

4-Quel rapport entretients-tu avec tes parents?

5-Quel rapport entretenais-tu avec eux plus jeune?

6-Hériteras-tu ou as-tu déjà hérité? (es-tu un « bon parti »?)

7-Tes parents te soutiennent-ils financiérement? Ou alors le peuvent-ils ou le veulent-ils?

8-Combien de livres avaient tes parents dans leur bibliotéque?

9-As-tu ton bac?

10-As-tu d'autres diplômes/qualifications?

11-Jusqu'où es-tu alléE dans les études?

12-Quels type d'emplois te permettent-elles d'exercer?

13-Si tu les as arrêtées, pourquoi? -choix politiques -problémes d'argent -autres

14-Comptes-tu reprendre des études plus tard? Pourquoi?

15-Comment t'imagines-tu dans dix ans?

16-Que penses-tu du RMI? -pour toi -en général

17-Pourquoi squattes-tu ou es-tu proche du milieu squat-militant? -probléme d'argent -choix politique -autres

18-Comment as-tu pris contact avec le milieu squat?

19-Comment ta famille le prend-elle?

20-Si tu prends un logement (payant), comment le financeras-tu? -travail -parents -aides sociales -autres

21-Comment vis-tu le fait de vivre en squat/collectivité?

22-Comment mettrais-tu/mets-tu en place des expériences communistes?

23-Quels défauts ont-elles?

24-Quelles frustrations te procurent-elles ou vois-tu chez les autres?

25-Quel est ton rapport à tes propriétés face au collectif?

26-Si tu as un permis, comment l'as-tu financé? Si tu as un véhicule, comment l'as-tu financé (assurance, frais divers)?

27-As-tu des projets collectifs futurs qui ont un coût et comment comptes-tu les financer?

28-As-tu des économies? -d'ou viennent elles? -que veux-tu en faire?

29-As-tu des problèmes avec les banques?

30-As-tu déjà subi des humiliations dû à l'argent?

31-Quels sont tes rapports à l'argent?

32-Vois-tu des inégalités financiéres et culturels dans ton environnement?

33-Comment y réagis-tu? -autruche -réflexion -autres

34-Considéres-tu subir des inégalités de types financiers/culturels?

35-Penses-tu en produire?

36-Te considéres-tu solidaire des gens en galére? Quels types de solidarité développes-tu?

37-Penses-tu que des gens seuls puissent impulser une remise en question de l'argent?

38-T'es-tu déjà sentiE agacéE par la remise en question, de la part d'autres individuE, de la gestion financiére de ton collectif?

39-Que penses-tu du vol? Le pratiques-tu? Pourquoi? Pourquoi pas?

40-Qu'est-ce qui t'as amené à cette pratique?

41-Pratiques-tu l'illégalité? Dans quelles limites? Pourquoi?

42-Penses-tu que le prix libre et les cotisations sauveront le monde?

43-Répondre à ces questions, ou ne pas, t'as t'il posé des problèmes? Comment l'expliques-tu?

QUESTIONNAIRE A RENDRE A *** OU """, ANONYMEMENT OU PAS

PS1:ce questionnaire contient sûrement des fautes parce que les morues qui l'ont fait, et ben elles ont même pas le bac...
PS2:si tu as des questions ou autres, n'hésites pas, nous ne mordons que rarement....

20/12/09

Combien faut-il de féministes pour lutter contre les violences hétéropatriarcales?

Ce flyer était distribué à l'entrée d'une soirée transpédégouine féministe vendredi soir :

"Nous avons collectivement mis à la porte un individu notoirement violent, qui a agressé physiquement plusieurs personnes. Et nous continuerons à le tricard de nos espaces, tant qu'il le faudra. Ce n'est pas un accès d'humeur, une histoire de personnalité, ou une gueule qui nous revient pas. Il s'agit d'une pratique politique que nous appelons à être systématique. Le patriarcat et le sexisme banalisent, minimisent ces violences et légitimisent les agresseurs.
Nous, féministes et transpédégouines féministes, tentons de bannir pour nous ces violences, et excluons de nos espaces les agresseurs notoires.

Des outils de réflexion issus des pensées féministes et libertaires sur les comportements violents sont à disposition dans les infokiosk et sur internet. Des personnes se sont proposées auprès de cet agresseur pour discuter de ses comportements et entamer un travail, en dehors des circuits de la flychiatrie (avancer sans les flics, ni les psys).

A tout cela, cet individu oppose le déni ou tente de minimiser ses actes et nous taxe d'alimenter la calomnie. Dans ce contexte, se solidariser de cet individu, c'est cautionner son
système de défense, ses mensonges et sa violence."

12/12/09

Agressions machistes dans le mouvement - en espagnol

www.alasbarricadas.org

Agresiones y violencia machista en el movimiento: ¿Algo ya superado?

Estamos en un punto en el que las reflexiones en torno a las agresiones sexistas en espacios liberados es prácticamente nula. Esto sucede porque por un lado, se parte de la premisa errónea de que como somos anarquistas, automáticamente estamos libres de este tipo de lacras. Sin embargo, son actitudes e ideas asumidas que no se eliminan automáticamente, sino que hay que hacer un esfuerzo por trabajarlas. Y para hacer este esfuerzo hemos de darnos cuenta de ellas en vez de rechazar de plano que tengamos esas actitudes, deberíamos hacer un ejercicio de introspección, para ver cuáles son las actitudes que contribuyen a mantener este estado actual de las cosas para poder combatirlas. Si las negamos sin haber hecho esto, lo único que haremos será maquillarlas, o tener actitudes permisibles de cara a la galería, pero no habremos cambiado de raíz nuestros comportamientos.

Por otro lado, desde que en los medios e instituciones se comienza a tocar el tema, parece que la sobredosis informativa acerca de casos de malos tratos y demás, el tema aburre. Ya está suficientemente tratado y no hay que darle más vueltas. Además de esa falsa sensación de que esto tan horrible que sucede, ocurre “fuera de nuestras fronteras”. El problema no es nuestro, ya que nosotres somos anarquistas, y en nuestros círculos no se puede dar. Sin embargo, somos hombres o mujeres cada día, cada minuto y cada segundo de nuestra vida, y cada vez que nos relacionamos con otras personas (o incluso con nosotrxs mismxs, en nuestra percepción de la realidad) dejamos constancia de cómo asumimos nuestro rol de género.

La reflexión sobre las agresiones en nuestros espacios se genera (la mayoría de las veces, por no decir todas...) en grupos de mujeres y lesbianas. Su incidencia en grupos mixtos es residual. Seguimos tratando el tema como algo que afecta sólo a las mujeres. Es cierto que somos las que recibimos la peor parte, pero esto nos afecta a todxs, seamos agredidas o agresores precisamente por ese rol que jugamos y que muchas veces nos vemos reacios a plantear.

Y es precisamente este rol el que tenemos que observar, plantear, criticar, reflexionar sobre ello. Cómo nos afecta aplicar un rol “que se supone no nuestro”. Cómo influye el resto de la sociedad, en el sentido de que en ocasiones tenemos una lucha interna con nosotras mismas porque no sabemos si “nos estamos pasando de feministas”, al colocarnos un espejo deformado de “feministas histéricas” cuando algo nos cabrea porque nos afecta directamente. No se puede pasar por alto, no podemos perder de vista que estamos hablando de relaciones de poder desequilibradas y desiguales de partida, de dominación, de opresión.

El hombre (incluido el hombre anarquista) parte de una situación privilegiada con respecto a la mujer. En su mano está pues contribuir a perpetuar esos privilegios o no. Esa contribución puede no ser, o ser chiquita, o ser grande: ignorando, despreciando, ninguneando, invisibilizando, cosificando, acosando, abusando, agrediendo, maltratando...

Desgraciadamente, nuestras relaciones y nuestros espacios no están exentos de estos intentos de abuso de poder. Cada X tiempo sale a la palestra un nuevo episodio de agresión o acoso, por no hablar de todos aquellos (la mayoría) que se silencian. En general, en el momento que una persona decide hacer público que ha sido víctima de una agresión, colectivamente, no reaccionamos, no sabemos reaccionar o no queremos reaccionar... se tiende a invisibilizar, evitar, eludir... se habla de ello como un asunto “privado”, como algo muy complicado, delicado, dándonos una excusa para mantenernos al margen.

Cuesta aceptar la agresión como tal, porque en nuestro imaginario, los agresores son psicópatas, enfermos que acechan en callejones oscuros o esperan agazapados en el portal, sin embargo el 90% de las agresiones sexuales se produce en espacios de confianza. Hemos generado un esteriotipo de agresor que a la hora de la verdad cuesta ver reflejado en nuestrxs compañerxs. Nos hemos llenado de frases y de dibujos de mujeres golpeando en los testículos a hombres agresores. Y esto es fácil de cumplir cuando no hay lazos de ningún tipo con el agresor. Tendemos a pensar que las violaciones se dan por agresores anónimos, para los que la única herramienta de la que disponemos es la autodefensa.

Pero ¿qué sucede cuando estas dinámicas se dan entre personas con lazos de unión, ya sea de compañerxs o de amistad, u otras? pues que no sirve la autodefensa, porque no puedes golpear a quien aprecias. Es necesario otro trabajo ante esto. Un trabajo con varios enfoques, porque podemos ser agredidas, podemos ser agresores, o podemos ser cómplices.

Cuando el modelo de agresor que tenemos es un demonio con cuernos y rabo, es fácil aplicarle este modelo a un agresor desconocido, o a alguien que de por sí te cae mal, y entonces darle una patada en los huevos. Pero cuando ese agresor resulta ser una persona que comparte espacio y trabajo contigo, a quien tienes aprecio, cuando debes aplicar ese modelo a un chico que puede ser encantador, con gran sentido del humor, estar muy implicado en diversos temas sociales, la primera reacción es de “no puedo creérmelo”. Y de alguna forma resulta más fácil y más creíble pensar en una “feminista histérica exagerada” que en un “compañero agresor”. Buscamos formas de entenderlo como un malentendido, como algo no tan grave, para intentar evitar todo el esfuerzo que supone enfrentarse a ello (X no puede hacer eso, simplemente no puede ser). De esta forma, esta resistencia a asumir la agresión en nuestro ambiente, movimiento, relaciones, centros, lugares, nos lleva a minimizar, excusar, justificar, dar una explicación alternativa de los hechos, cuestionando de esta manera a la persona agredida.

Y quizás la solución no sea siempre una patada en los cojones. Si nos debatimos entre darle una paliza o mirar hacia otro lado, normalmente elegimos mirar hacia otro lado, es un mecanismo de autodefensa para no tener que aceptar "la monstruosidad de alguien cercano". Pero quizás debamos descubrir otras vías. Quizás exista la posibilidad de acercarnos a ese amigo de quien descubrimos un reverso tenebroso y hacerle ver que su actitud es despreciable, pero que estamos dispuestxs a ayudarle para cambiar su actitud. Si le da igual y lo que le importa es mantener su imagen, podremos pasar a la opción de darle de lado, crearle un vacío, o incluso volver a la clásica patada en los testículos. Pero si somos anarquistas, deberíamos estar por la nunca fácil opción de recurrir primero a otras medidas antes que a la mera represión. Proponer el planteamiento y la ayuda para que el agresor asuma el rol que ha estado llevando y se despegue de él.

No tenemos recetas mágicas pero creemos que hay que intentarlo. De lo contrario, al menos ser consecuentes, y mostrar ese rechazo abiertamente, y siempre. Pero seamos realistas, ésto no suele suceder, porque es más sencillo excusar a un amigo que admitir que pueda tener un comportamiento tan insano.

Cuesta aceptar la agresión como tal, porque asumir que uno de nosotros es un agresor es asumir que todos somos agresores potenciales. Precisamente, aceptar que todxs llevamos un agresor dentro, o alguien que facilita el camino hacia las agresiones, es enfrentar nuestro modelo de comportamiento con lo que no nos gusta ver de nosotrxs mismxs. Nos gusta vernos diferentes, vernos distintos a esa sociedad a la que criticamos, y darnos cuenta de estos fallos supone, de nuevo, volver a tocar con los pies en la tierra: ver nuestros errores, todas esas cosas que preferimos dejar pasar para poder mantener la armonía, todas esas actitudes a las que le restamos importancia y darnos cuenta de que pueden tener más importancia de la que le damos. Y entonces, enfrentarnos a esa estigmatización de “feminista histérica” por el hecho de querer plantearnos algo que aparece como normalizado.

Cuesta aceptar la agresión como tal, porque pone de relieve las fuertes carencias existentes alrededor de este tema mientras actuamos como si estuviera superadísimo. Porque supone una autocrítica muy fuerte, tener que volver a trabajar un tema que muchxs querrríamos pensar que está superado. No asumimos la agresión por el coste político que pueda acarrear, preferimos silenciarla tratando de eludir la crítica externa... incluso nos puede parecer de lo más inoportuno que alguien decida hacer públicas ese tipo de cuestiones en vez de lavar los trapos sucios en casa...

Asumir públicamente la agresión parece que invalide todos los proyectos que se llevan a cabo, como si un enorme castillo de naipes se desmoronase. Que además será y es usado por otros colectivos "rivales" para atacarnos. Que será una brecha por la que se debilitará todo aquello por lo que trabajamos. De cara a la galería es mejor mostrar que nada sucede, prque las consecuencias pueden ser penosas para todo el colectivo. Es importante mostrar una apariencia de perfección y normalidad antes que asumir públicamente que ha sucedido una agresión y pensar hasta qué punto se ha permitido esa agresión. Pero al actuar así, más tarde tendremos que trabajar sobre porqué hemos permitido que esa agresión quede silenciada, porqué, una vez más, hemos allanado ese camino hacia futuras agresiones, cuando la solución es enfrentar lo sucedido lo antes posible.

Las agresiones más visibles sólo son la punta del iceberg de una serie de pautas asumidas que muchas veces ni siquiera vemos. Por lo tanto, silenciando esas agresiones sólo conseguimos tapar los síntomas... síntomas de que algo dentro está enfermando. Los síntomas están ahí para que nos fijemos en ellos y hagamos frente a una enfermedad. Por algo como militantes hablamos de soluciones radicales (que van a la raíz del problema) y no de soluciones sintomáticas.

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et quelques fanzines ou livres en castillan et en catalan



Plantemos cara a las agresiones sexistas en los espacios liberados. Herramienta de trabajo para partir de una base a la hora de afrontar las agresiones sexistas partiendo de dos debates mantenidos en el CSOA La Revoltosa. Guía pedagógica para trabajar en colectivo las agresiones sexistas. Barcelona, 2008.

Apoyo. Zine para apoyar personas que han sido abusadas sexualmente. Aquí no vas a encontrar fórmulas ni simples respuestas, sino un esfuerzo que trata de pelar las capas del corazón, del dolor, del temor y de la soledad para quien no tiene ayuda y se siente fracasado. ¿Cómo tenemos que salir a través de esto? ¿Qué tenemos que aprender? ¿Cómo tenemos que crecer? ¿Qué tenemos que enseñar a otros? Todas son preguntas que se exploran en este zine. Cindy Crabb. 2008.

La Gota (que fa vessar el got). Reflexions sobre el sexisme als moviments socials: comunicats i textos sobre el procés de la Torna davant d'una agressió. Barcelona. 2009

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Enfin, quelques textes téléchargeables en ligne, en castillan toujours

¿Qué pasó en Antracita?. Recopilación de textos sobre el violador Txema. Madrid 1997 (10 pag)[Que s'est-il passé à Antracita. Recueil de textes sur le violeur Txema. Madrid 1997 (10 pages)] - bajar/télécharger

¿Quién teme a los procesos colectivos?. Apuntes críticos sobre la gestión de la violencia de género en los movimientos sociales. Marzo 2007. Texto a cargo de Las Afines. (4 pag)[Qui a peur des processus collectifs? Apports critiques sur la gestion des violences genrées dans les mouvements sociaux. Mars 2007. Groupe las Afines (4 pages)] bajar/télécharger

d'autres textes féministes en castillan à télécharger ici